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L’Autorité de la concurrence britannique (CMA) a conclu le 24 mars son enquête sur le marché des services vétérinaires pour animaux de compagnie au Royaume-Uni en annonçant des réformes majeures destinées à améliorer la transparence, la concurrence et la protection des consommateurs.

A retenir notamment :

  • Le rapport souligne que le manque d’informations sur les prix, la propriété des cabinets vétérinaires et les options de traitement conduit à une faible concurrence et à des prix élevés.
  • Des grilles tarifaires pour les services standard notamment devront être fournies. Il sera également prévu un plafonnement des frais de prescription, un site web de comparaison des prix, et l’obligation pour cabinets vétérinaires d’afficher leur appartenance à une chaîne vétérinaire.
  • Les nouvelles règles imposeront aux cabinets vétérinaires de fournir des devis écrits pour les traitements coûteux (au-dessus d’un certain seuil), et de plafonner les frais de prescription écrite.
  • Par ailleurs, les propriétaires d’animaux seront informés qu’ils peuvent obtenir une prescription écrite leur permettant d’acheter des médicaments en ligne et ainsi réaliser des économies.
  • Les vétérinaires devront aussi avoir des politiques internes écrites afin de garantir que les vétérinaires fournissent des conseils indépendants, sans pression commerciale.
  • Le rapport met en outre en lumière des problèmes contractuels pour les cliniques vétérinaires avec leurs prestataires de services hors horaires, et prévoit d’interdire les délais de préavis déraisonnablement longs pour faciliter la résiliation des contrats.
  • Un système de réclamation transparent et accessible sera également instauré, avec recours à la médiation en cas de litige.
  • Enfin, la CMA soutient une réforme législative pour moderniser la réglementation vétérinaire, rendant les entreprises vétérinaires responsables devant un organisme indépendant, le Royal College of Veterinary Surgeons (RCVS), qui jouera un rôle central dans le contrôle et la mise en œuvre des mesures. Le financement de ces activités sera assuré par une taxe proportionnelle à la taille des entreprises vétérinaires.

Prochaines étapes :

  • La CMA dispose de 6 mois pour prononcer des injonctions juridiquement contraignantes et d’accepter des engagements de la part du RCVS, tout cela étant prévue d’ici le 23 septembre 2026.
  • Le déploiement complet des futures injonctions et éventuels engagements acceptés est prévu dans les 12 mois suivants, en accordant un délai supplémentaire (3 mois) aux petites entreprises vétérinaires.

Les modalités concrètes de mise en place toutes ces mesures soulèveront sans doute de très nombreuses questions.

La CMA semble anticiper ce point en annonçant qu’elle collaborera étroitement avec le secteur pour assurer la compréhension et le respect des nouvelles règles.
Ce rapport de la CMA et les injonctions/mesures à venir constitue sans nul doute un modèle pour le marché vétérinaire français.

La concentration de celui-ci entre les mains de quelques chaînes de cliniques a en effet déjà été souligné par l’Autorité de la concurrence française dans son avis 13 octobre 2025 dernier relatif aux conditions de fixation du prix des médicaments vétérinaires et à l’évolution du coût des soins vétérinaires (v. notre article L’Autorité de la concurrence rend un avis relatif aux conditions de fixation du prix des médicaments vétérinaires et à l’évolution du coût des soins vétérinaires en France Nomos)

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